un film de cynthia arra et mélissa arra
Cynthia Arra

th_cynthia2Cynthia Arra a suivi une formation multimédia spécialisée en vidéo et montage à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.
Elle est diplômée du Conservatoire libre du cinéma français à Paris (CLCF) comme assistante-réalisatrice et a réalisé un court-métrage en pellicule super 16 mm LA MORT EN DOUCE en 2005 avant de co-réaliser le documentaire long métrage L’ORDRE DES MOTS en 2007.

Parallèlement à ses projets de réalisation, elle occupe différents postes dans le cinéma essentiellement en tant que directrice de casting, coach acteurs et collaboratrice à la direction d’acteurs.

Directrice de casting / Coach acteurs et Collaboration à la direction d’acteur

VICTORIA
90’ / Fiction long métrage / Ecce films / Distribution Le Pacte / 2016
Avec Avec Virginie Efira, Vincent Lacoste, Melvil Poupaud, Laurent Poitrenaux, Laure Calamy, Alice Daquet, Claire Burger, Julie Moulier …
Réalisé par Justine Triet

Ouverture de la Semaine de la Critique festival de Cannes 2016

DIAMANT NOIR
115’ / Fiction long métrage / Les Films Pelléas / Distribution Ad Vitam / 2016
Avec Niels Schneider, August Diehl, Raphaële Godin, Hans Peter Cloos, Raghunath Manet …
Réalisé par Arthur Harari

Prix du jury au festival du film policier de Beaune
Festival PREMIERS PLANS D’ANGERS

DEMOLITION PARTY
26/ Fiction court métrage / Dharamsala production /2013

Réalisé par Claire Burger et Marie Amachoukeli

VANDAL
86′ / Fiction long métrage / Les Films du Bélier / 2013
Réalisé par Hélier Cisterne

Nomination aux Révélations meilleur espoir féminin et masculin Zinédine Benchenine et Chloé Lecerf – César 2014

Prix Louis-Delluc 2013 du premier film
Prix de la Jeunesse à Namur

VILAINE FILLE , MAUVAIS GARCON / TWO SHIPS
30′ / Fiction court métrage / Ecce films / 35mm / France 2 / 2011
Réalisé par Justine Triet

Nominé pour les Césars du court-métrage 2012

Festival Premiers Plans d’Angers 2012 / Grand prix du jury courts métrages français
Berlinale shorts 2012 / Prix EFA du meilleur film européen
Festival « Entrevues » de Belfort 2012 / Grand prix et prix du public
Festival « Côté-Court » de Pantin 2012 / Prix de la Presse et Prix d’interprétation féminine pour Laetitia Dosch
Festival du moyen métrage de Brive 2012 / Prix Ciné+
Festival « Silhouette » Paris 2012 / Prix d’interprétation
Festival KKO Altkirch 2012 / Prix du jury
Milano International Film Festival 2012 / Mention Spéciale best short film

Edition DVD « Bref » – La petite Collection
Edition DVD « Les Césars du court-métrage »

SUR LA ROUTE DU PARADIS
44′ / Fiction court métrage / Easy Tiger / France 2 / 2011
Réalisé par Uda Benyamina

Nominé pour les Césars du court-métrage 2012

Festival International du Film de Dubaï (Emirats Arabes Unis) 2011 / Premier Prix & Prix Fipresci
Festival du Court-Métrage Méditerranéen – Tanger (Maroc) 2011 / Prix Spécial du Jury
Festival Cinéma Africano – Milan (Italie) 2012 / Premier Prix & Prix Spécial CEM
Festival National du Film Marocain – Tanger (Maroc) 2012 / Grand Prix
Festival International du Cinéma Méditerranéen – Tétouan (Maroc) 2012 /Prix de l’Innovation
Festival « Entre 2 Claps » – Paris (France) 2012 / Meilleur Film
Festival Image et Vie – Dakar (Sénégal) 2012 / Prix EUNIC
Festival Città di Venezia – Venise (Italie) 2012 / Prix Città di Venezia
Festival International de Baghdad dans la catégorie « Arab Women Filmakers » Baghdad 2012 / Premier Prix
Festival International du film francophone de Namur (Belgique) 2012 / Prix du Jury

C’EST GRATUIT POUR LES FILLES
23′ / Fiction court métrage / Dharamsala production / France 2 / Ciné-Cinéma
Réalisé par Claire Burger et Marie Amachoukeli

César du meilleur court métrage 2010

France Télévision du court métrage 2010/ Grand Prix
Festival de cinéma de Vendôme 2010 / Grand Prix
Festival du Film de Femmes de Créteil 2010 /Prix Beaumarchais
Festival de Clermont Ferrand 2010/ Mention Spéciale du jury /
Festival Européen du Court Métrage de Brest 2009/ Prix Révélation Européenne
Tübingen-Stuttgart Film Festival 2009 / Grand Prix

Prix d’interprétation
Festival Premiers Plans d’Angers 2010 / Yeliz Alniak et Laetitia Hadri
Festival de cinéma de Vendôme 2010 / Yeliz Alniak, Laetitia Hadri et Aurore Dos Santos
Festival Silhouette de Paris – 2009 / Yeliz Alniak

Nominations meilleure comédienne
Lutins du court métrage 2010 / Laetitia Hadri Festival du film romantique de Cabourg 2009 / Yéliz Alniak et Laetitia Hadri Festival Jean Carmet 2009 / Yéliz Alniak et Laetitia Hadri
Sélection à la Semaine de la critique Cannes 2009

FORBACH
35′ / Fiction court métrage / La fémis / Arte
Réalisé par Claire Burger et Marie Amachoukeli.

Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand 2009 / Grand prix national
Festival de Pantin 2009 / Prix spécial du jury, Prix de la presse et Prix du public
Festival de Cannes 2008 / Deuxième Prix / Cinéfondation

Interview de Cynthia Arra par le collectif 360°

D’où t’est venue l’idée de faire ce film ?­
Le film date de 2007, il ne s’agit pas d’un film de commande mais d’une première envie de film qui s’est imposée comme une évidence. J’avais besoin d’aller chercher des éléments par rapport à ma propre identité : adolescente, je me posais bien plus de questions d’identité de genre que d’identité sexuelle. Je ne me sentais à cette époque ni fille, ni garçon, ni femme, ni homme. Je ne voulais pas être considérée ou assignée en tant que fille. Quelque part j’avais une misogynie intériorisée.
Il s’agissait, dans ce film, de mettre un coup de projecteur sur le fait que le genre est culturel, social et performatif. Il n’existe pas seulement deux catégories de genre, mais bien une infinité de variantes et de combinaisons.

Pourquoi avoir fait un film et pas écrit un livre, par exemple ?
J’ai fait des études de vidéo et de cinéma aux Beaux Arts de Paris, j’étais donc déjà dans cette forme d’écriture. Les personnes que nous avons choisies pour figurer dans le film étaient des médiateurs pour questionner ma propre identité. Pour nous, ce film devait davantage poser de questions qu’apporter des réponses. Il s’agissait entre autre d’interroger la norme sociale dominante. L’Ordre des Mots s’ouvre d’ailleurs sur une question de Maud-Yeuse Thomas : « Est-ce qu’on appartient à l’humanité si on n’est ni un homme ni une femme ? ».

Est-ce que l’auto-production était un choix dès le départ ?
À l’origine du projet Mélissa et moi souhaitions être produites, parce que la fabrication d’un documentaire long-métrage peut être lourde à porter seules. Puis, très vite, nous nous sommes rendues compte de la difficulté de faire produire un tel film compte tenu de la démarche que nous avions. En effet, nous tenions à travailler en équipe très réduite afin de privilégier une qualité d’échange, sans contrainte de temps ni de lieux de tournage. Nous craignions que les enjeux de production ne vulgarisent et n’édulcorent de façon politiquement correcte les discours énoncés par nos portraits : aborder les questions trans’ sous l’angle politique et rendre compte que les seules expertEs des questions trans’ sont les trans’ eux-mêmes.
Comme le rappelle si bien Carine Boeuf « Il n’y a pas pire poison que ce qui détruit les choses qui sont tellement évidentes, qu’on ne veut même plus en entendre parler, qu’on ne veut même plus les requestionner ».

Qu’est-ce que tu connaissais des trans’ avant de te lancer dans ce film ?
En commençant à faire nos recherches, nous nous sommes vite aperçues que nous ne connaissions quasiment rien de la transidentité et des questions de genre. Nous ignorions le dispositif de normalisation, les protocoles de prise en charge, les procédures médicales infligées aux enfants intersexués ainsi que leurs revendications. Au début du projet en 2005, j’avais entendu parler des Male to Female mais je connaissais très peu de choses sur les identités Female to Male, les identités alternatives et encore moins sur l’intersexualité.

Comment avez-vous procédé pour le choix des protagonistes du film ?
Il était essentiel que les portraits que nous allions choisir aient une conscience identitaire et politique, un regard critique et qu’ils se situent dans une logique d’anti-victimisation. Pas coincés dans un discours transsexuel hyper-normatif.
Une assemblée générale avait eu lieu la veille de l’Existrans’ 2005 ; nous en avions été informées par Bistouri Oui Oui (une émission de radio créée et animée par le Groupe Activiste Trans’ sur Radio Libertaire). Cette émission a par ailleurs été un tremplin exceptionnel : leurs questionnements étaient pointus et à mille lieux de tout ce que nous pouvions entendre sur les questions trans’ dans les médias mainstream. Lors de cette AG des trans’, nous avons rencontré Vincent He-Say, qui s’identifie comme trans’ FtU (Female to Unknow). Cette rencontre a agit comme un détonateur. C’est sans conteste son identité alternative et assumée comme telle qui nous a permis d’identifier plus clairement nos intentions filmiques. Par la même occasion nous avons fait la connaissance de Vincent Avrons ainsi que les autres membres du GAT (Groupe Activiste Trans’), Carine bœuf, Maxime Zitouni, Tom Reucher. Ça a « matché » très vite. Nous étions face à des militants et des activistes qui politisaient les questions trans’ et prenaient la parole à l’encontre du discours psychiatrique et médical avec de plus, une distanciation et une auto-dérision déconcertante.
Initialement, nous désirions rencontrer des portraits tel que Del LaGrace Volcano (un artiste visuel gender variant américain) ou Hida Viloria (une écrivain intersexuéE activiste américaine), mais très vite nous nous sommes aperçues du retard affligeant qu’avait la France tant au niveau politique, social, juridique que médical sur ces questions-là, comparé aux autres pays. Nous avons donc décidé de nous concentrer exclusivement sur la France.

Avez-vous fait un travail d’écriture préalable avant de commencer à tourner ?
L’écriture s’est élaborée tout au long du film. Le montage est assez significatif : il suit clairement notre cheminement à l’intérieur des questions trans’. Au fur et à mesure, nous entrons dans une dimension de plus en plus politique.
En 2005, pour préparer les entretiens et chercher le fil directeur, nous avons lu et vu une quantité d’émissions, notamment grâce aux archives de l’INA à la BNF ce qui nous a permis de voir tout ce qui avait pu être dit sur le sujet. Des tonnes d’émissions TV – tous les « Ça se discute », tous les Mireille Dumas … C’est par ailleurs en voyant toutes ces archives que nous nous sommes aperçues que toutes sans exception, psychiatrisaient les parcours trans’ en faisant d’eux des victimes et/ou des malades mentaux sans aborder d’un œil critique et sous l’angle politique la façon dont une société construit des hommes et des femmes. Aucun commentaire sur les protocoles médicaux arbitraires et discriminatoires qui sont en vigueur en France ni sur le DSM4. D’une certaine façon, le film s’est donc construit à la négative, sur ce rien, sur ce manque, en réaction à toutes ces émissions-là.
Parallèlement, nous avons bien sûr vu des documentaires « cultes » et très engagés comme Transsexual Menace de Rosa Von Praunheim, Gendernauts de Monika Treut et Venus Boyz de Gabriel Baur. Ces films ont été très importants pour nous ; on voulait que L’Ordre des mots s’inscrive dans cette lignée-là.

Est-ce que vous avez beaucoup tourné ? Comment se sont passés les entretiens ?
Nous avons fait plusieurs sessions d’entretiens étalées sur plusieurs mois. En tout, nous avons dû tourner une cinquantaine d’heures de rushes, dans lesquelles il y avait aussi beaucoup d’instants de vie, de conversations, d’échanges entre nos portraits.
Le film s’est construit comme une rencontre. On a beaucoup parlé de mon identité et de celle de Mélissa Arra avec Maud-Yeuse Thomas et Vincent He-Say. Leur identité alternative, non répertoriée, en perpétuelle recherche nous a profondément affectées et dans mon cas « transformée ».
Nous avons été hébergé chez Maud-Yeuse Thomas et Karine Espineira à Marseille avec lesquelles nous avons passé des journées et des soirées entières à parler en prenant des notes, et à la fin de cette semaine d’immersion, on déclenchait le film, l’interview à proprement parler. Il y a presque eu le même rituel pour chacun de nos portraits. Cette façon de travailler en immersion s’est faite instinctivement. En effet c’était notre premier film, il n’y avait pas de barrière, pas de censure, pas de règle, pas de méthode à suivre. Le film s’est organisé naturellement autour de la parole en passant du point de vue militant, personnel et social et s’est construit comme une « contre-expertise » et comme un droit de réponse. Notre parti-pris formel était clair dès le départ. Il n’était pas question qu’il y ait une voix de commentaire ou des interviews de psychiatres, médecins ou autres spécialistes experts des questions trans’ autre que les trans’.
Chacun des portraits du film interrogent, contestent et/ou contournent l’un après l’autre « l’ordre des mots », le pouvoir des mots soutenus par l’ordre social mais aussi par toutes les institutions qui le constituent et le perpétuent.

Comment s’est passé le montage ?
Le processus a été long, le dérushage laborieux. Nous avions du mal à nous séparer de certains rushes certainement parce qu’il y avait trop d’affect. Après une première version de montage nous avons fait appel à une amie réalisatrice qui est aussi monteuse, Justine Triet, avec qui nous avons poursuivi le montage. Nous avons également eu des regards extérieurs précieux et de qualité. Vincent He-Say a accompagné le montage du film tout au long de son processus, nous faisions régulièrement appel à lui. Ses retours nous permettaient de nous recentrer sur le fil directeur, le pourquoi du film. Claire Burger, une amie réalisatrice et monteuse, nous a également proposé des éléments formels pertinents. On a finalement dû écarter du montage pour des questions de structure narrative les portraits de Lazz et de Karine Espineira… ça fait partie des choix qui ont vraiment été difficiles à faire.

Comment a été accueilli le film lors des projections publiques que vous avez accompagnées ?
Les spectateurs étaient souvent bouleversés – probablement dans leurs propres questionnements identitaires – et étaient très réactifs, notamment lors de la séquence du zap Mercader à la cité des sciences et de l’industrie. Globalement, pour un film à si petit budget et auto-produit il a été très bien reçu, au-delà de nos espérances. Il a fait plus d’une soixantaine de festivals, a eu une tournée internationale depuis 2007 qui se poursuit par ailleurs encore aujourd’hui.

Propos recueillis par le collectif 360° et même plus en janvier 2013

Les réalisatrices

A propos de l’Ordre des mots

Un film de Cynthia Arra & Mélissa Arra
Documentaire / 2007 / France / 75’ / 4:3

Ce film a pour objet de donner la parole à des personnes Trans’ et Intersexe dont la quête d’identité de genre se trouve entravée par des normes établies. Leurs moyens de résistance se situent dans la recherche d’outils de savoir, de corporalités, de sexualités, mais aussi d’identités alternatives en dehors des schémas conventionnels. Loin du traitement habituel des questions Trans’, ce film, par le choix de ses portraits, tous acteurs et précurseurs contemporains du mouvement Trans’ et Intersexe en France, aborde de front ces questions d’identité de genre en interrogeant non seulement nos normes sociétales trop souvent incontestées mais aussi en analysant la nature de l’oppression et de la répression dont fait l’objet cette communauté.

Avec Maud-Yeuse Thomas, Tom Reucher, Vincent Avrons, Vincent He-Say, Carine Boeuf et Vincent Guillot.

réalisation Cynthia Arra & Mélissa Arra
auto-production
Cynthia Arra & Mélissa Arra
image Cynthia Arra & Mélissa Arra
montage Cynthia Arra, Mélissa Arra & Justine Triet
musique générique de fin “Manifeste”, Bande Originale du film Exils par Tony Gatlif
mixage Christophe Doucet-Mimoun
étalonnage Sydney Teggbo & Sandra Sauron de toggle productions
sous-titres anglais Paul Belle, Steve Arra & Marie-Hélène Bourcier
bande annonce Clémentine March
site web Vincent He-Say

support de projection Beta Num et DVD en version Française et version Française sous-titrée Anglais

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